SÉANCE — ESDST-O1
Vendredi 30 octobre 2026
11h00
Salle Valletta
Résumé de la communication

Former à l’usage critique de l’IA générative dans l’enseignement universitaire : une démarche intégrée et ciblée à l’ULB

Résumé

Depuis la sortie de ChatGPT en novembre 2022, l’intelligence artificielle générative (IAG) s’est rapidement imposée dans les pratiques étudiantes, transformant en profondeur les modes d’apprentissage dans l’enseignement supérieur. À l’ULB, nous avons constaté de fortes inégalités d’usage en fonction de leur environnement d’apprentissage (Bachy, 2025). Les étudiants bénéficiant d’un environnement d’apprentissage favorable mobilisent l’IAG pour enrichir leurs apprentissages, tandis que les plus vulnérables en feraient un usage moins critique, parfois contre-productif.

Face à ces constats, l’université a lancé en 2024 un plan de formation à l’IAG destiné à l’ensemble de la communauté universitaire. Une première phase de sensibilisation massive a été mise en place, abordant le fonctionnement de l’IAG, les règles d’usage inscrites dans le règlement des études, ainsi que les biais cognitifs et éthiques liés à l’utilisation de robots conversationnels.

Pour soutenir la réussite, le Service d’Accompagnement aux Apprentissages (SAA) a développé des ateliers pratiques visant à accompagner les étudiants dans un usage pertinent, critique et éthique de l’IAG dans le cadre de leurs cours. Les résultats d’une enquête auprès de 600 étudiants sur leurs usages de l’IAG constituent l’un des piliers de la construction de ces ateliers. Le deuxième pilier est une collaboration active avec les enseignants afin de répondre à leurs attentes et de rendre l’utilisation de l’IA CoPilot concret pour les apprenants.

L’enquête a permis d’identifier deux types d’usages dominants de l’IAG : la recherche d’informations et la création de contenus (Di Pietro & al., en préparation). Parmi ces deux groupes, quatre profils d’utilisateurs se dégagent :

• Les utilisateurs hybrides : qui utilisent l’IAG indifféremment pour la recherche d’information et la création de contenus.

• Les chercheurs d’informations : dont l’utilisation est principalement la recherche ou la vérification d’informations.

• Les utilisateurs limités : une minorité des étudiants de notre échantillon ont une utilisation restreinte de l’IAG.

• Les créateurs de contenu : qui recourent aux outils d’IAG pour la rédaction et la production de contenus.

Ces quatre profils d’utilisateurs ont amené la création d’ateliers dédiés, qui visent à encourager un usage de l’IAG favorisant l’engagement cognitif et la qualité des productions, tout en respectant les exigences de rigueur scientifique.

Deux dispositifs d’accompagnement testés durant l’année 2025-2026 seront présentés. Le premier, intégré au cours d’écriture scientifique du bachelier en histoire, propose à 140 étudiants de première année une initiation encadrée à l’usage de l’IAG dans l’aide à la rédaction académique. Le second est ouvert à l’ensemble des étudiants (potentiellement 34000) et proposé lors d’événements clés (journée d’accueil, blocus encadrés) ou tout au long de l’année en salle informatique. L’atelier s’appuie notamment sur les travaux de John Hattie (2009) concernant les pratiques ayant un effet favorable sur les apprentissages.

En conclusion, cette présentation vise à faire un retour d’expérience d’accompagnement d’étudiants aux usages critiques de l’IA appuyé par une démarche scientifique.

Forum de l’Éducation ESDST’2026 — Hôtel Verdi, Gammarth (Tunisie)