Développer les compétences de leadership à l’ère de l’IA responsable : apports de l’innovation ouverte pour l’enseignement supérieur
Résumé
Les mutations profondes induites par l’intelligence artificielle, l’accélération de l’innovation ouverte et l’urgence des transitions durables redéfinissent en profondeur les modèles contemporains de leadership. Face à des environnements complexes, incertains et interconnectés, le leadership ne peut plus être conçu comme une compétence individuelle et hiérarchique, mais comme une capacité collective, adaptative et éthiquement responsable. Dans ce contexte, l’innovation ouverte apparaît comme un cadre structurant permettant d’articuler apprentissage, collaboration et création de valeur partagée, tout en intégrant les apports de l’IA et les exigences du développement durable. Cette communication propose une analyse des transformations du leadership à l’ère de l’IA, où la capacité à mobiliser l’intelligence collective, à interpréter des systèmes complexes et à co-construire des solutions durables devient centrale. Elle montre en quoi l’innovation ouverte constitue un levier clé pour le développement de compétences de leadership essentielles aujourd’hui et demain, telles que la collaboration interdisciplinaire, la pensée systémique, l’agilité décisionnelle, la responsabilité éthique et l’apprentissage continu. Inscrite pleinement dans l’Axe 1 du Forum EDEST2026, la problématique abordée interroge le rôle des dispositifs éducatifs dans la préparation des futurs leaders à ces nouveaux défis. L’originalité de l’approche réside dans l’articulation entre innovation ouverte, usages responsables de l’IA et pédagogies orientées compétences, dépassant une vision purement technologique pour intégrer des dimensions humaines, sociales et environnementales. Les apports attendus concernent à la fois la formation des leaders dans l’enseignement supérieur et le développement des organisations apprenantes, en proposant des orientations concrètes pour repenser les curricula, les méthodes pédagogiques et les dispositifs de formation. Cette contribution vise ainsi à renforcer la capacité des systèmes éducatifs à former des leaders capables d’agir de manière éclairée, collaborative et durable dans un monde en transformation rapide.

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.