Suite Symposium 1 (S-39) — 2e séance
Vendredi 30 octobre 2026
14h00
Salle Sidi Bou Said
Résumé de la communication

Quand la gestion de classe devient participative : Transformation de l’occupation de l’espace dialogique en classe primaire

Résumé

Dans un contexte éducatif où la participation active des élèves est valorisée (Calkins, 2020; Hays et Reinders, 2020), cette communication explore un aspect peu étudié en gestion de classe : le partage de l’espace dialogique, c’est-à-dire la répartition du temps de parole entre l’enseignant·e et les élèves (Bucheton et Soulé, 2009). Elle propose une double entrée sur le développement de la compétence à gérer la classe : elle s’intéresse à la fois à la transformation des pratiques enseignantes et aux effets de cette évolution sur la participation des élèves dans leur processus d’apprentissage. Ces deux dynamiques s’alimentent mutuellement.

Lorsqu’un·e enseignant·e apprend à orchestrer la parole plutôt qu’à la monopoliser, il ou elle transforme sa manière de gérer la classe — et, ce faisant, crée les conditions pour que les élèves développent leurs propres compétences cognitives, sociales (Buchs et al., 2020) et langagières (Bouton et al. 2024). C’est cette dynamique réciproque que cette communication explore, à travers l’analyse de l’évolution de l’espace dialogique en classe primaire.

Cette analyse a été menée à partir de captations vidéos issues d’une recherche-action d’une durée de trois ans portant sur les gestes professionnels du personnel scolaire du primaire visant à soutenir le processus d’apprentissage et sa durabilité chez les élèves (Carpentier et al., 2024). L’évolution de l’occupation de l’espace dialogique a été un des indicateurs de transformation des pratiques enseignantes retenu lors des analyses. Elle a été calculée à l’aide d’une grille de codage distinguant neuf catégories d’occupation de l’espace dialogique (quantitatif) puis analysée afin de préciser la nature des interventions enseignantes (qualitatif).

Les résultats, représentés notamment sous forme de diagrammes chronologiques, montrent que la transformation ne se limite pas à une réduction du temps de parole enseignant, mais à une véritable reconfiguration de la temporalité et de la fonction de la parole. Cela se traduit par une diminution du discours magistral, et une hausse marquée des interactions entre élèves. Alors que les anticipations initiales des enseignantes liées à cette hausse laissaient présager des enjeux de gestion de classe (p. ex. désorganisation ou émergence de comportements perturbateurs), l’analyse qualitative illustre que les moments d’interaction en sous-groupe offrent plutôt des occasions d’enseignement plus ciblées et davantage proximales.

Ces constats montrent qu’il est possible d’accroître la participation et l’engagement des élèves sans fragiliser la gestion de classe, mais en redéfinissant les équilibres entre parole, écoute et accompagnement. Les résultats laissent entrevoir qu’une participation plus active des élèves pourrait s’accompagner d’une régulation différenciée, soutenue par des interactions plus ciblées et plus souples.

Forum de l’Éducation ESDST’2026 — Hôtel Verdi, Gammarth (Tunisie)