SYMPOSIUM 4 (S-102) — Journée entière — 1re séance
Dimanche 1er novembre 2026
12h00
Salle Salammbô
Résumé de la communication

La formation des étudiantes en service de garde en milieu scolaire par la collaboration et le dialogue collaboratif avec les éducatrices praticiennes

Résumé

Au Québec, les éducatrices en services de garde en milieu scolaire (SGMS) assurent la garde des élèves du préscolaire et du primaire avant et après les heures de classe et le midi. Elles doivent élaborer des activités qui répondent aux intérêts et aux besoins des élèves pour contribuer à leur développement global (Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, 2018). Une formation professionnelle de niveau collégial en techniques d’éducation à l’enfance est offerte aux personnes qui aspirent à exercer la profession d’éducatrice en SGMS. Les enseignants constatent que leurs étudiants montrent généralement peu d’intérêt pour le travail dans les écoles, voulant éviter les interventions auprès des élèves plus âgés, ce qui peut aggraver la pénurie d’éducatrices en SGMS (Chalifoux et Myre-Bisaillon, 2021). Devant cette situation, un dispositif pédagogique a été mis en place dans le but de favoriser la connaissance des activités quotidiennes des éducatrices en SGMS dans leur milieu de travail. Dans un contexte qui nécessite la collaboration et qui suscite le dialogue collaboratif, éducatrices et étudiantes sont rassemblées au sein de petits groupes, composés d’une éducatrice et de trois ou quatre étudiantes, pour analyser des situations problématiques ancrées dans la réalité de la pratique.

La collaboration correspond à un processus qui nécessite notamment la confiance mutuelle, l’ouverture et le respect, ainsi que la reconnaissance de l’apport de chacun dans une relation égalitaire (Boies, 2012). Le dialogue collaboratif peut se décliner en quatre dynamiques interactionnelles : la coélaboration acquiescente (acquiescement à l’idée de l’autre et renforcement); la coconstruction (renforcement mutuel des idées); la confrontation avec désaccord (proposition d’une idée qui n’est pas acceptée); la confrontation contradictoire (argumentation pour convaincre ceux qui s’opposent à son idée) (Gilly et al., 2001; Portelance, 2011).

Une stratégie de recherche qualitative compréhensive (Charmillot, 2020) a été utilisée dans le but d’identifier les manifestations du dialogue collaboratif et les spécificités de la collaboration. Les propos formulés au sein de huit groupes, cinq en 2023-2024 et trois en 2024-2025, lors d’une discussion autour d’une situation problématique, ont été enregistrés sur bande sonore. L’analyse des verbatims a été effectuée selon une approche inductive délibératoire (Savoie-Zajc, 2011). Des catégories ont été préétablies et, en cours d’analyse, d’autres catégories ont émergé. Selon les résultats, éducatrices et étudiantes renforcent mutuellement leurs idées dans la coconstruction de solutions au problème analysé. De façon moins importante, la coélaboration acquiescente est mise en évidence. La confrontation avec désaccord et la confrontation contradictoire sont presque absentes. Les participantes présument-elles que l’harmonie mène à un plus grand nombre de solutions aux problèmes analysés ? Concernant les spécificités de la collaboration, l’analyse révèle la reconnaissance de l’apport de chacun et l’ouverture aux points de vue dans une relation égalitaire, ce qui semble caractériser la dynamique interactionnelle. Finalement, les étudiantes formulent des liens appropriés entre leurs connaissances théoriques acquises dans les cours au cegep et la pratique professionnelle en SGMS. Cela nous incite à affirmer que le dispositif pédagogique a pu susciter une articulation pertinente entre théorie et pratique.

Forum de l’Éducation ESDST’2026 — Hôtel Verdi, Gammarth (Tunisie)