Former les enseignants à l’usage pédagogique de l’intelligence artificielle pour l’accompagnement des élèves dyslexiques : enjeux, défis et perspectives de formation
Résumé
L’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA) transforme les pratiques éducatives et ouvre de nouvelles perspectives pour la personnalisation des apprentissages et l’accompagnement des élèves présentant des troubles spécifiques des apprentissages, notamment la dyslexie. Les outils fondés sur l’IA offrent des potentialités importantes pour soutenir la lecture, l’écriture et la compréhension, faciliter l’accès aux contenus scolaires et renforcer l’autonomie des apprenants. Toutefois, l’intégration pertinente de ces technologies dans une perspective d’éducation inclusive demeure étroitement liée aux compétences professionnelles des enseignants et à la qualité de leur formation initiale et continue.
Cette communication a visé à analyser les enjeux, les défis et les perspectives liés à la formation des enseignants à l’usage pédagogique de l’IA pour l’accompagnement des élèves dyslexiques. Elle a interrogé le degré de préparation des enseignants à mobiliser ces outils de manière pédagogique, différenciée et éthique, ainsi que les obstacles susceptibles de freiner leur intégration dans les pratiques de classe.
Sur le plan méthodologique, l’étude a adopté une approche mixte combinant un questionnaire auprès d’enseignants du primaire et du secondaire et des entretiens semi-directifs. Cette démarche a permis d’identifier les usages, les représentations et les besoins de formation, tout en approfondissant la compréhension des difficultés rencontrées et des stratégies mises en œuvre.
Les résultats ont mis en évidence une utilisation encore limitée de l’IA à des fins inclusives ainsi qu’un besoin marqué de formation ciblée. Cette recherche contribue à l’élaboration de pistes favorisant un usage raisonné et inclusif de l’IA au service d’une école plus équitable et accessible.

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.