Gestion de la formation continue et développement des compétences des élus municipaux du Sénégal : la place du numérique dans la politique et les pratiques de gestion de la formation continue pour la réussite éducative
Résumé
L’importance de la formation continue des élus municipaux est un sujet clé dans de nombreux pays qui ont adopté la décentralisation politique comme mode de gouvernance. Cependant, il n’existe pas de consensus sur la manière dont la formation continue est gérée, encore moins sur les circonstances dans lesquelles les compétences sont développées et acquises. En partant de ces constats, la question principale de notre recherche était de comprendre comment la gestion de la formation continue des élus municipaux influence-t-elle le développement des compétences. Pour trouver des réponses pertinentes, nous avons opté pour une méthode de recherche qualitative axée sur l’étude de cas.
Selon Deschênes (2021) la formation et le développement des compétences des travailleurs sont des facteurs clés du développement économique et social. Elle a pour objectif de développer des compétences spécifiques correspondant au contexte particulier du travail. La formation continue répond aux besoins des organisations, car elle a pour objectif de développer, chez les travailleurs, des compétences spécifiques correspondant au contexte particulier du travail. C’est un outil indispensable dans les institutions, afin qu’elle puissent suivre le rythme de l’évolution de leur environnement (Melon, 2014).
L’investissement en formation continue correspond à toutes les ressources utilisées pour diverses actions contribuant au développement des compétences. Les activités comprennent l’identification des besoins, la planification et l’évaluation de la formation, ainsi que les moyens alloués au développement des compétences (Foucher et al., 2022). La fonction de gestion du processus de formation et de développement de compétences implique la promotion des activités d’analyse, de planification, de conception, de livraison, d’évaluation et de suivi des actions entreprises et des résultats obtenus (Rivard et Lauzier, 2013).
Dans le cadre de notre projet de recherche en doctorat, les résultats des échanges avec les personnes impliquées dans notre recherche ont révélé des insuffisances dans le processus d’utilisation du numérique dans les prestations de formation. Les niveaux de responsabilités ne sont pas encore clairement définis, partagés et appliqués en ce qui a trait au contrôle des résultats. Par conséquent, les dispositifs de formation continue devraient évoluer vers des environnements plus professionnels.
La formation continue doit développer des compétences adaptées aux problèmes à régler. Elle doit aussi être dispensée au bon moment, en quantité suffisante, bien coordonnée et proposée à un prix abordable. Pour faire face à cette demande croissante, l’utilisation de ressources numériques, notamment l’apprentissage en ligne, est une option à considérer pour améliorer l’offre de formation continue.
Ainsi, le milieu éducatif, en particulier celui de la formation continue, ne doit pas être improvisé, mais structuré et appuyé par une approche psychopédagogique qui établit des liens entre les acteurs. Sa gestion mène à l’utilisation d’un ensemble de méthodes et de stratégies éducatives afin de créer et de maintenir un environnement propice au sein du milieu d’apprentissage (Bocquillon et al., 2020). Il est d’autant plus crucial que les responsables de la formation assument un leadership et une gouvernance efficaces, car cela est essentiel pour adapter l’éducation à l’ère du numérique(Gravelle et al., 2022)

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.