« Towards a Smart-Digital-Green Society – A Canadian Perspective in Education and Research »
Résumé de la conférence
La transition de l’Industrie 4.0 vers l’Industrie 5.0 marque un changement de paradigme décisif : dépasser l’automatisation pure pour aller vers des systèmes centrés sur l’humain, durables et résilients. Alors que l’Industrie 4.0 a instauré les jumeaux numériques, l’optimisation des actifs et l’Internet des objets omniprésent, l’Industrie 5.0 s’étend au-delà de l’atelier pour façonner une entreprise et une société « intelligente, numérique et verte » (Smart-Digital-Green, SDG). Au cœur de cette évolution se trouve le passage de l’analyse passive des données à l’apprentissage automatique avancé et à des systèmes d’IA autonomes et agentiques, capables de raisonner en temps réel, d’orchestrer dynamiquement les processus et de collaborer directement avec l’humain.
Ce saut technologique transforme en profondeur la main-d’œuvre de demain. À mesure que l’automatisation des tâches s’accélère, l’enjeu n’est plus de préserver les emplois existants, mais de protéger et d’outiller les travailleurs par une montée en compétences, une requalification et une polyvalence proactives. Combler le fossé grandissant de talents en TIC exige des professionnels capables d’évoluer à cette frontière, en conjuguant ingénierie de l’apprentissage automatique, programmation statistique, analyse des causes profondes et conception d’interfaces humain-agent avec la maîtrise des opérations propres à leur domaine.
Cette conférence plénière dresse un panorama mondial de la transformation industrielle SDG, analyse la rupture stratégique induite par l’apprentissage automatique et les architectures agentiques, et présente des initiatives canadiennes clés montrant comment les partenariats université-industrie et des investissements publics ciblés peuvent former une main-d’œuvre résiliente et prête pour l’avenir.

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.