« De l’IA prédictive à l’intelligence décisionnelle augmentée : apprentissage, explicabilité, interaction et hybridation des modèles »
Résumé de la conférence
Les progrès récents de l’intelligence artificielle ont élargi notre capacité à exploiter des données massives et hétérogènes, et permis le développement de modèles de plus en plus performants. Dans de nombreux domaines, cependant, la performance prédictive n’est plus une finalité mais un point de départ : il s’agit désormais de concevoir des systèmes qui expliquent leurs résultats, qui intègrent des connaissances et des préférences, qui interagissent avec l’utilisateur et qui soutiennent la décision dans des environnements dynamiques et incertains.
Cette conférence retrace ce passage de l’IA prédictive à une intelligence décisionnelle augmentée, autour de trois basculements. Du modèle qui prédit au modèle qui se justifie : explicabilité et raisonnement contrefactuel. Du modèle qui décrit au modèle qui agit : apprentissage par renforcement pour la décision séquentielle, apprentissage actif couplé à l’aide multicritère à la décision. Du modèle isolé au modèle hybridé : intégration de connaissances dans les modèles d’apprentissage et interfaces conversationnelles pour l’analyse et l’aide à la décision.
À travers des travaux menés en systèmes industriels, en maintenance et en santé, nous montrerons comment ces approches répondent à des besoins complémentaires : prédire, expliquer, apprendre des préférences, intégrer des connaissances, décider et interagir.
Une attention particulière sera portée aux tendances actuelles d’hybridation entre apprentissage automatique, optimisation, modèles mathématiques et interaction humain–IA, ainsi qu’aux défis de généralisation, de robustesse et de fiabilité des systèmes intelligents. L’objectif est de dégager des perspectives vers une nouvelle génération de systèmes d’aide à la décision combinant données, modèles, connaissances et jugement humain.

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.