Une formation pour, par et avec les enseignantes d’une équipe-école
Résumé
Depuis 2021, les maternelles 4 ans sont déployées de manière progressive au Québec, sans pour autant être obligatoire . Le programme-cycle de l’éducation préscolaire oriente les apprentissages de sorte que l’enfant puisse s’exprimer, expérimenter, structurer sa pensée et élaborer sa vision du monde, tel que circonscrit par les cinq domaines de compétences. Le principe fondamental à la maternelle est basé sur le fait que chaque enfant est unique, et évolue à son rythme. Dans cet état d’esprit, il est attendu que l’enseignant.e mette en place des conditions d’enseignement et d’apprentissage adaptés et adaptables. Malheureusement, les enseignant.e.s éprouvent des défis au quotidien pour soutenir le développement global de tous les enfants aux besoins multiples et variés et ont un besoin criant de soutien d’accompagnement et de ressources. Cette communication présente un projet de formation professionnelle collaborative en enseignement avec la visée d’implanter un programme intitulé langage du corps, comme levier pédagogique et relationnel. Ancré dans une démarche de recherche partenariale, le projet réunit une équipe de chercheurs universitaires et une équipe-école (direction, conseillers, pédagogiques, enseignants, professionnels de soutien) dans la mise sur pied d’un projet interdisciplinaire pour, par et avec les enseignantes. Les objectifs de recherche sont de documenter l’appréciation des enseignants quant à la formation collective, et les perceptions des acteurs de l’équipe-école quant à l’impact de la formation sur la pratique enseignante.
Pour atteindre les objectifs, les enseignants ont rempli un questionnaire d’appréciation (11 items, échelle Likert en 7 points) évaluant l’interaction, l’innovation, l’intérêt, l’intelligibilité, l’utilité, la faisabilité, l’intention d’implantation et la recommandation. Ils ont aussi complété des échelles validées mesurant la compétence perçue (4 items) et la pression/tension (5 items). Trois questions ouvertes documentaient les éléments accessibles, à maintenir ou à améliorer. Des analyses descriptives ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS 28. Ensuite, des entrevues individuelles semi-dirigées (≈30 minutes) ont exploré en profondeur les perceptions et expériences des acteurs scolaires. Une analyse qualitative par thématisation a été réalisée à l’aide du logiciel NVivo12.
Cette communication discutera des conditions facilitantes et des défis rencontrés dans la mise en œuvre d’une formation collaborative (temps, posture des acteurs, équilibre entre recherche et pratique), ainsi que des apprentissages tirés pour la conception de dispositifs de formation interdisciplinaire. Cette présentation met en valeur le potentiel d’une approche collaborative pour transformer durablement les pratiques enseignantes et enrichir le dialogue entre recherche et milieu scolaire.

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.