Le travail collaboratif dans le développement professionnel des enseignants : analyse des effets du coaching dans l’amélioration des pratiques enseignantes
Résumé
La problématique de la collaboration est au centre de la plupart des recherches contemporaines en sciences de l’éducation et de la formation. L’intérêt qu’elle suscite réside dans le fait qu’elle prend en charge les dimensions cognitive, affective et sociale dans des situations d’enseignements-apprentissages en pédagogie comme en andragogie.
La collaboration est une pratique qui mérite la reconnaissance d’un statut pédagogique, cognitif, psychosocial et organisationnel. Pour qu’elle contribue réellement aux stratégies de formation, il est nécessaire de s’interroger de manière objective sur la méthodologie et sur les conditions de sa mise en œuvre opérationnelle et effective.
Dans son application, les « interactants » confrontent leurs idées, réfléchissent à plusieurs et font preuve d’esprit critique tout en co-construisant (Baudrit, 2007) en vue de transformer l’environnement de formation en un espace de dialogue et en une communauté de co-devenir professionnel.
Dès lors, notre projet de recherche va s’articuler autour de l’analyse des mécanismes qui favorisent le développement professionnel dans une approche collaborative professionnalisante.
Dans cette perspective, nous allons analyser les résultats issus de la mise en œuvre d’activités de coaching.
Cette analyse va s’adosser à l’échafaudage par la pairagogie (Rheingold, 2015) conçu comme un dispositif de travail collaboratif visant un renforcement des compétences professionnelles des enseignants.
Dans un tel contexte, les enseignants ont l’opportunité de tester la viabilité de nouvelles connaissances en collaboration avec leurs pairs et de lier ces nouvelles idées à des expériences personnelles et des connaissances existantes (Mc Robbie et Tobin, 1997).
C’est dans le sillage de cette réflexion que nous proposons une étude qui s’intéresse à l’analyse des effets du coaching dans les pratiques enseignantes de professionnalisation.
Cette étude est menée dans vingt (20) classes s’adosse à un recueil de données :
– quantitatives sur la maîtrise de la démarche de lecture à travers l’observation d’une séance d’enseignement-apprentissage et sur les résultats des élèves en pré et post-test ;
-qualitatives avec une analyse des appréciations des inspecteurs.
La méthodologie a consisté à sélectionner un groupe expérimental de dix enseignants pour suivre la formation dyadique et un groupe témoin de dix autres enseignants.
Le protocole consiste à faire une formation en cascade avec une première phase de partage des modalités organisationnelles de mise en œuvre. Cette formation s’est adossée à un échafaudage andragogique qui intègre la participation de l’Inspecteur chargé de veiller au respect des modalités de la mise en œuvre. Les membres de chaque dyade vont échanger des expériences sur des thèmes relatifs aux principes méthodologiques et de la conduite de classe en lecture.
Le calcul de la double différence sur le développement professionnel et les résultats des élèves vont permettre de confirmer l’hypothèse selon laquelle : « une mise en œuvre réussie de l’approche dyadique améliore les rendements scolaires grâce au codéveloppement professionnel ».

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.