Suite Symposium 4 (S-102) — 3e séance
Dimanche 1er novembre 2026
15h30
Salle Salammbô
Résumé de la communication

Les pratiques collaboratives en soutien à l’insertion professionnelle des enseignant·e·s novices

Résumé

Les problématiques actuelles entourant l’insertion professionnelle (IP) sont bien documentées, notamment au Québec, où plusieurs travaux mettent en évidence la précarité d’emploi, l’instabilité professionnelle et la discontinuité pédagogique (Mukamurera et al., 2013 ; Mukamurera et Tardif, 2016 ; Wentzel et al., 2023). Ces conditions peuvent aller jusqu’à « provoquer une érosion pédagogique et confiner l’enseignant·e dans une pratique de survie », voire mener à l’abandon de la profession (Mukamurera, 2014, p. 20). L’insertion professionnelle concerne la transition entre la formation et l’emploi, les conditions d’entrée dans la profession ainsi que l’accompagnement des enseignant·es novices (Dufour et al., 2018, 2019 ; Vivegnis, 2016). La complexité de cette phase du développement professionnel nécessite un soutien de qualité, incluant des pratiques collaboratives, afin de favoriser leur rétention et leur persévérance dans le milieu scolaire (Chantal-Bossut et al., soumis ; Desmeules et Hamel, 2017). Or, les recherches montrent que les enseignant·es collaborent encore peu (Riel et al., 2017), ce que regrettent particulièrement les débutant·es (Dufour et al., 2024).

Ces deux facettes d’une même problématique ont amené l’équipe de recherche à se poser les questions suivantes : 1) Dans un contexte marqué par une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, quels facteurs déterminants (conditions d’emploi et de travail, socialisation, accompagnement, collaboration, etc.) favorisent — ou freinent — une insertion professionnelle réussie des nouvel·les enseignant·es ? 2) Quelles mesures et quels dispositifs soutiennent efficacement l’insertion et la rétention professionnelles ? C’est dans cette perspective que s’inscrit notre projet de recherche, rattaché au Programme de valorisation du personnel scolaire du Fonds de recherche du Québec (Wentzel et al., 2024), consacré aux pratiques de collaboration. Il vise à identifier les structures et les conditions susceptibles de soutenir l’engagement, la motivation, la valorisation et le sentiment d’appartenance du personnel scolaire impliqué dans des dispositifs collaboratifs à responsabilité partagée. Ces dispositifs reposent sur la poursuite d’un but commun, l’expression ouverte des idées et la construction d’un climat d’entraide et d’influence réciproque (Gravel et al., 2019). Une attention particulière est portée aux enseignant·es novices, pour qui l’insertion professionnelle constitue un moment charnière de construction identitaire et de persévérance dans la carrière.

L’étude exploratoire qualitative (première phase du projet) a permis de documenter les perceptions d’acteur·rices scolaires (personnel-cadre, enseignant·es, professionnel·les et formateur·rices en formation initiale) à propos du travail collaboratif ainsi que les conditions locales jugées essentielles à sa mise en œuvre, à partir d’un dispositif novateur de stage en cours d’emploi. Ces perceptions, analysées selon une approche de contenu (Krippendorff, 2013) mobilisant le cadre de Little (1990) sur les niveaux d’interdépendance de la collaboration interprofessionnelle, ont permis d’identifier neuf critères d’efficacité susceptibles de favoriser la mise en place de pratiques collaboratives (Chantal-Bossut et al., soumis). Une seconde phase (hiver 2026) prévoit une enquête par questionnaire visant à mesurer les liens entre travail collaboratif, soutien à l’insertion professionnelle, motivation et persévérance, selon les enseignant·es novices. Le projet contribuera à l’avancement des connaissances sur les structures collaboratives efficaces ainsi que sur les dynamiques de coapprentissage et de codéveloppement.

Forum de l’Éducation ESDST’2026 — Hôtel Verdi, Gammarth (Tunisie)