Suite Symposium 3 (S-23) — 3e séance
Dimanche 1er novembre 2026
16h10
Salle Sidi Bou Said
Résumé de la communication

Analyse stratégique des conditions de soutien à l’inclusion au sein des programmes de formation initiale en éducation physique et à la santé du Québec

Résumé

Malgré les injonctions à s’insérer dans le courant de l’éducation inclusive (Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur, 2020), la carence praxéologique autour des pratiques qui soutiennent le projet d’inclusion est une source majeure de préoccupations dans les programmes de formation initiale à l’enseignement (Bergeron et St-Vincent, 2011). Selon McNamara et al. (2022), il y a une absence de lignes directrices guidant les universitaires tant pour l’offre de formation initiale que pour leurs propres mécanismes de développement professionnel.

En ce qui a trait au développement des compétences des futures personnes enseignantes, les lacunes de la formation initiale pour soutenir l’inclusion des élèves avec lesquels elles sont appelées à travailler ont été historiquement pointées du doigt (Germain, 2000; Bourque, 2014), notamment en éducation physique et à la santé (EPS) (Tapin et al., 2018 ; Verret et al., 2017).

En ce qui a trait aux pratiques des formateurs et formatrices universitaires, Demougeot-Lebel et Lison (2022) rapportent que l’enseignement à ce niveau s’inscrit le plus souvent dans un historique « d’hérédité pédagogique », conforme à des méthodes plus traditionnelles, centrées sur la personne enseignante. Il y a peu d’initiatives systématiques en matière de développement professionnel du personnel enseignant, notamment sur les pratiques permettant de répondre à la diversité présente chez les étudiantes et étudiants universitaires.

C’est avec cette double perspective (formateur et formés) qu’une recherche-action-formation, dirigée vers l’enseignement de l’EPS inclusive, a été conduite en 2024-2025 auprès de 15 personnes formatrices universitaires des six programmes francophones en EPS au Québec (professeur.e.s, chargé.e.s de cours, superviseur.e.s de stage). Ancré dans une posture constructiviste, un premier objectif a été de réaliser un diagnostic organisationnel pour comprendre les conditions permettant de soutenir l’inclusion au sein des programmes. Pour ce faire, les personnes ont réalisé une analyse stratégique des forces, des faiblesses, des menaces et des opportunités (FFOM) (Helms et Nixon, 2010).

La méthodologie s’est appuyée sur un devis qualitatif interprétatif, à partir de quatre entretiens de groupes semi-dirigés. Une analyse thématique mixte fait ressortir différentes conditions interreliées et hiérarchisées qui influencent l’enseignement de l’EPS inclusive au sein des programmes (les institutions, les programmes, les cours, les personnes formatrices et les personnes étudiantes). Spécifiquement, les forces émergentes ont été liées à la motivation des personnes étudiantes, à l’intégration progressive des pratiques de différenciation pédagogique et aux stages. Toutefois, le manque de cohésion dans les approches-programme et de fortes inégalités dans les opportunités offertes par les milieux de stage ont été nommés comme des défis majeurs. La révision actuelle des programmes et les collaborations soutenues avec des organismes spécialisés ont constitué des opportunités puissantes pour outiller les futures personnes enseignantes en EPS. Finalement, le manque de coordination et de cohésion entre les personnes formatrices universitaires et celles de terrain ont été perçues comme une menace par les personnes participantes.

Cette recherche-action-formation dévoile plusieurs conditions qui soutiennent l’inclusion au sein des programmes de formation à l’enseignement de l’EPS. Toutefois, elle met aussi en lumière une variété d’obstacles qui appellent à des actions à plusieurs niveaux.

Forum de l’Éducation ESDST’2026 — Hôtel Verdi, Gammarth (Tunisie)