Impact de l’intégration de l’IA générative sur l’apprentissage autonome des apprenants en SVT au cycle secondaire : Revue systématique
Résumé
Dans le monde actuel, la transformation numérique change
beaucoup de domaines y compris l’éducation. L’autonomie est
une compétence importante pour apprendre aujourd’hui et
demain. Plusieurs recherches (Bozkurt et al., 2023 ; Wang
et al., 2024) montrent que l’intelligence artificielle (IA)
peut soutenir les apprentissages, surtout dans les matières
scientifiques. En Sciences de la Vie et de la Terre (SVT),
les apprenants doivent observer, comprendre et expliquer
les phénomènes. Comme cette matière demande du
raisonnement, l’IA générative peut devenir une aide
intéressante pour guider les apprenants, à condition
qu’elle soit utilisée avec prudence. Au cycle secondaire,
apprendre de façon autonome reste difficile pour beaucoup
d’apprenants. Certains ont du mal à planifier une activité,
à gérer le temps ou à vérifier s’ils ont vraiment compris.
D’autres cherchent une réponse très rapide et oublient
l’explication, ce qui peut réduire la compréhension des
notions (Farrokhnia et al., 2023). Dans ce contexte, cette
étude s’appuie sur les travaux existants pour interroger
l’impact de l’intelligence artificielle générative (IAG)
sur l’apprentissage autonome en sciences de la vie et de la
terre (SVT) au cycle secondaire. Il vise à comprendre
comment l’IA générative influence l’autonomie des
apprenants en SVT au secondaire et dans quelles conditions
elle peut améliorer l’apprentissage sans remplacer l’effort
de réflexion. À cette fin, nous avons réalisé une revue
systématique basée sur des articles scientifiques. Les
mots-clés ont été construits avec une démarche inspirée de
PICO (Miller et al. 2001) et la sélection a suivi les
recommandations PRISMA (Moher et al., 2010). La recherche
couvre la période 2019-2025 et s’appuie sur des revues
indexées : Scopus, Taylor & Francis, Springer et Web of
Science. Au départ, 1605 articles ont été identifiés. Après
tri et sélection, 12 études ont été retenues, soit environ
0,75% du total. Les résultats obtenus montrent que 75% des
retenues d’études confirment que l’IAG peut améliorer
l’autonomie des apprenants notamment en facilitant la
planification du travail et de la gestion du temps. Environ
67% observent une progression de l’auto-évaluation car
l’apprenant repère plus vite ses erreurs et ajuste sa
méthode. Environ 83% mettent en avant une rétroaction
rapide et personnalisée, qui aide à avancer étape par étape
et qui peut aussi encourager l’apprenant à reformuler ses
questions. En même temps, environ 50% alertent sur des
risques comme le copieur-coller, la confiance excessive
dans l’outil ou l’acceptation d’informations incorrectes.
Ces risques montrent que l’accompagnement de l’enseignant
est nécessaire. Un cadre simple, des règles claires et des
tâches où l’apprenant doit justifier sa réponse peuvent
aider à garder un apprentissage sérieux et profond. Il est
également important d’apprendre aux apprenants à vérifier
les informations, à comparer les sources et à expliquer le
chemin suivi pour arriver à une réponse. L’IA générative
peut renforcer l’autonomie en SVT au secondaire mais elle
doit rester un outil d’aide. Pour la suite, il serait utile
de tester ces usages en classe sur une période plus longue,
de mesurer l’effet sur la compréhension scientifique et la
motivation et d’étudier aussi les besoins de formation des
enseignants.

Le Forum mondial sur l’éducation, tenu en mai 2015 à Incheon sous l’égide de l’UNESCO et ses partenaires, s’est conclu par la Déclaration d’Incheon pour l’Éducation 2030, un engagement historique de transformer la vie grâce à une nouvelle vision de l’éducation et à des actions courageuses et innovantes pour la réaliser. Le Cadre d’action Éducation 2030, qui établit cette nouvelle vision de l’éducation pour les 15 années à venir, a été adopté par plus de 180 états membres de l’UNESCO. Quatre ans plus tard, à la 9e Réunion mondiale de la Consultation collective des ONG pour Éducation 2030 (CCONG-Éducation 2030), qui s’est tenue en Tunisie en 2019, les organisations participantes ont affirmé que le monde est confronté à une crise éducative, causée par un manque de volonté politique, une faible priorisation de l’éducation et un financement insuffisant. De plus, elles ont constaté une tendance croissante à la commercialisation de l’éducation, ce qui contribue à creuser davantage les inégalités. Les systèmes éducatifs mondiaux ne semblaient pas respecter l’engagement pris dans le programme Éducation 2030. Le ministre de l’Éducation de la Tunisie d’alors avait, à la même occasion, souligné que la plupart des pays n’avancent pas suffisamment pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Il a appelé à une reconnaissance de l’importance stratégique de l’éducation pour toutes les nations et a encouragé la société civile à jouer un rôle majeur dans la mobilisation pour y parvenir.